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Arguments du OUI : Karim Sow
"La Commune doit prendre en considération le développement du football."
Arguments du NON : Raphaël Decaunes
"Investir plus de vingt millions pour un seul sport est disproportionné."
Le projet du parc du "Château d'Eau"
Avec le projet du parc du “Château d’Eau”, la Commune d’Estavayer entend se doter d’infrastructures de football modernes adaptées aux besoins des vingt prochaines années. Le 26 avril 2026, la population se prononcera sur l’octroi du crédit nécessaire à leur réalisation.
En quoi consiste le projet ?
Le projet du parc du “Château d’Eau” vise à remplacer les deux terrains en gazon de la Thiolleyres, à Estavayer-le-Lac, par trois terrains de football synthétiques sur le site de la Maladeire, à l’entrée de la ville. Conçus pour une utilisation intensive toute l’année, les terrains synthétiques seront complémentaires aux terrains naturels existants. Les sites de football de Montbrelloz et de Bussy seront ainsi maintenus.
Le projet comprend aussi une esplanade avec buvette, une salle polyvalente ou communautaire d’une centaine de places, des vestiaires et des locaux techniques, ainsi qu’un parc, une aire de biotope, des cheminements de mobilité douce et des haies paysagères.
La votation du 26 avril
Le crédit d’investissement de 16,62 millions de francs nécessaire à la réalisation du projet a été approuvé par le Conseil général d’Estavayer le 8 octobre 2025 par 46 voix contre 11 et une abstention. Cette décision des autorités politiques peut être contestée par la voie d’un référendum facultatif. Un comité référendaire ayant récolté 1669 signatures valables (sur les 784 nécessaires), la population d’Estavayer se prononcera, le 26 avril, sur l’octroi de ce crédit.
Des besoins identifiés
Terrains impraticables, vestiaires inadaptés, matchs annulés : depuis plus d’une décennie, les principaux clubs de football de la Commune – le FC Estavayer-le-Lac, le FC Montbrelloz et le FC Petite-Glâne – doivent composer avec des installations vétustes.
Actuellement, 520 joueuses et joueurs, dont 380 juniors, sont concernés. D’ici 2030, ces effectifs devraient augmenter pour atteindre 625 membres, dont 485 juniors. Cette croissance constante accentue la pression sur les infrastructures, qui ne répondent plus aux besoins d’aujourd’hui en termes de capacité.
Des infrastructures inadaptées
Le terrain principal de la Thiolleyres à Estavayer-le-Lac n’est plus conforme aux normes en vigueur. Soumis à une homologation partielle de l’Association suisse de football (ASF) depuis 2013, il présente un risque de retrait d’autorisation. Le second terrain, non homologable, ne peut accueillir que les matchs et tournois des juniors, jusqu’à l’âge de 12 ans. En outre, la surfréquentation dégrade le gazon des terrains, qui sont régulièrement impraticables, voire inondés.
Les vestiaires et la buvette sont vétustes, le trafic généré par le transport individuel motorisé impacte la mobilité douce au centre-ville, tandis que les nuisances affectent les riverains. À Montbrelloz et à Bussy, les terrains en gazon naturel sont régulièrement abîmés, provoquant fermetures répétées et reports de matchs. Ils sont par ailleurs difficilement exploitables durant l’hiver.
Des contraintes d'aménagement de place et d'aménagement du territoire
Avec son terrain principal et ses deux terrains d’entraînement, le parc du “Château d’Eau” répond aux exigences de sécurité de l’Association suisse de football (ASF), notamment en matière de surfaces réglementaires.
En revanche, les terrains existants à la Thiolleyres, à Montbrelloz et à Bussy sont trop étroits ou situés trop près d’autres infrastructures (pylônes, routes, etc.), ce qui peut représenter un risque pour les joueuses et les joueurs.
Par ailleurs, les contraintes liées à l’aménagement du territoire compliquent fortement la construction de nouveaux terrains ou l’agrandissement des terrains actuels sur ces sites.
Le Journal d'Estavayer consacre un dossier au parc du “Château d'Eau”.
Agrandir les terrains existants : possible ?
Ces simulations illustrent l’espace dont il faudrait disposer pour créer deux terrains de 100 m x 64 m avec bandes de sécurité répondant aux normes actuelles de l'Assocation suisse de football (ASF) à la Thiolleyres, à Estavayer-le-Lac. Les limites du terrain, en rouge, sont trop proches des infrastructures, de la forêt et de la falaise.
Le terrain de football de Montbrelloz se situe en zone agricole. Son agrandissement impliquerait d’empiéter sur des surfaces agricoles et nécessiterait donc un changement d’affectation de zone, comme le montre la simulation. À l’inverse, le projet du parc du “Château d’Eau” bénéficie déjà d’un préavis favorable du Canton et de la Confédération, la demande de modification de zone ayant déjà été déposée.
Trois questions à...
Thérèse Meyer Kaelin
Membre du comité de soutien
Êtes-vous convaincue de la nécessité de ce projet ?
Oui. Les terrains de la Thiolleyres sont trop petits pour 350 joueurs, dont 280 jeunes. Le football féminin et la croissance de la Commune exigent un agrandissement, impossible sur le site actuel en zone résidentielle. Le sport renforce santé, lien social et intégration.
Pensez-vous que c’est le bon projet ?
Oui. Depuis 30 ans, la Commune cherche un site adapté. Après 10 ans d’étude, c’est le seul espace proche de la Ville permettant 3 terrains et les vestiaires. La Commune garantit le maintien et l’entretien des terrains dans les villages. Le FC Estavayer-le-lac investira CHF 400’000.-. Il faut saisir cette chance.
Pensez-vous que ce projet est soutenable financièrement ?
Oui. La Commune prévoit une augmentation d’habitants graduelle en 15-20 ans : les futures recettes fiscales rendent le financement réaliste. Elle a déjà investi dans la culture et le sport (Prillaz, tennis, skater hockey, téléski nautique, lutte, halle de gymnastique de l’Amarante). C’est maintenant au tour du football.
Thérèse Meyer Kaelin a été conseillère communale de 1982 à 1991 et syndique d'Estavayer-le-Lac de 1991 à 1999.
Thierry Vonlanthen
Membre du comité référendaire
Êtes-vous convaincu de la nécessité de ce projet ?
Le comité référendaire est convaincu qu’il est nécessaire que les clubs de football de la Commune disposent de suffisamment d’infrastructures de qualité, correspondant aux niveaux actuels et prévisibles des différentes équipes.
Pensez-vous que c’est le bon projet ou voyez-vous une alternative ?
Non et voici l’alternative : terrains des Grèves transformés selon les normes ASF aux dimensions de la 3e ligue et de la Challenge League, buvette et vestiaires neufs. Terrain du FC Montbrelloz entièrement rénové, Murist équipé d’éclairage et de nouveaux vestiaires. Estimation totale environ 10 millions.
Pensez-vous que ce projet est soutenable financièrement ?
De justesse pour la Commission financière. Pour nous, ce crédit exorbitant, voire surréaliste, est insoutenable pour un seul sport, car il faudra aussi financer les infrastructures d’autres sociétés locales. Soyons raisonnables et équitables ! Investissons dans l’intérêt du plus grand nombre.
FAQ du parc du "Château d'Eau"
Le projet
Le projet du parc du “Château d’Eau” prévoit la création d’infrastructures footballistiques à vocation régionale sur le site de la Maladeire, à Estavayer-le-Lac.
Il remplacera les terrains en gazon naturel de la Thiolleyres par trois terrains synthétiques et comprendra une esplanade avec buvette, salle polyvalente (environ 100 places), vestiaires et locaux techniques.
Le site sera complété par une aire de parc servant de zone tampon avec le quartier voisin, ainsi qu’une aire de biotope.
Avec le parc du “Château d’Eau”, la Commune entend accompagner la croissance démographique d’Estavayer et répondre aux besoins des clubs locaux et régionaux.
Le projet prévoit des installations modernes, en particulier les terrains synthétiques, complémentaires aux terrains en gazon naturel de Montbrelloz et de Bussy.
Le projet vise à favoriser les synergies entre les clubs, sans remettre en cause leur identité ni imposer de fusion.
Ce projet est destiné à la population de la Commune et de la région, et en particulier à la jeunesse.
Les bénéficiaires seront d’abord 520 joueuses et joueurs, dont 380 juniors, des trois clubs principaux de la Commune d’Estavayer – le FC Estavayer-le-Lac, le FC Montbrelloz et le FC Petite-Glâne.
Les élèves des écoles primaires (environ 1000 élèves) et du CO d’Estavayer-le-Lac (environ 600 élèves) utiliseront aussi ces infrastructures pour le sport scolaire.
Les terrains et les installations seront également loués à d’autres clubs de la région ou de l’extérieur.
Enfin les infrastructures seront à disposition de la population, notamment la salle polyvalente et la buvette.
Les terrains synthétiques permettent une utilisation beaucoup plus intensive que les terrains en gazon naturel car ils se dégradent aussi beaucoup moins vite. Les joueuses et joueurs peuvent également les fouler durant les quatre saisons, ce qui n’est pas le cas des terrains en gazon naturel.
Le projet du parc du “Château d’Eau” est l’aboutissement d’un processus engagé il y a plus de dix ans :
- 2010 : la Commune d’Estavayer-le-Lac étudie le site de la Moutonnerie pour y construire des terrains de football. Le site est écarté en raison de contraintes foncières.
- 2015 : d’autres sites sont examinés, notamment à Montbrelloz ou aux Rives du Lac, qui ne répondent pas aux exigences sportives, budgétaires et urbanistiques nécessaires.
- 24 mai 2016 : le Conseil général de la Commune d’Estavayer-le-Lac valide un crédit de 7 millions de francs pour rénover les infrastructures de football de la Thiolleyres. Ces travaux sont mis en suspens au profit de nouvelles perspectives.
- 1er janvier 2017 : naissance de la Commune d’Estavayer, issue de la fusion de sept communes. Le Conseil communal envisage de réunir les infrastructures sportives au sein d’un Centre sportif régional à Estavayer-le-Lac. La même année, le Conseil général valide un crédit de 6,11 millions de francs pour l’achat de terrains à l’entrée de la ville, sur le site de la Maladeire. Un pacte d’emption est signé, valable jusqu’en 2027.
- 2020 : le projet initial de centre multi-sports régional est abandonné en raison des contraintes liées à la Loi sur l’aménagement du territoire (LAT). Les infrastructures sportives seront désormais réparties sur plusieurs sites dans le cadre du Réseau sportif régional. En juin, un crédit de 370’000 francs est accordé pour une étude de planification locale du site de la Maladeire, renommé parc du “Château d’Eau”. Cette étude est à l’origine du projet actuel.
Aujourd’hui, le projet est abouti et calibré pour répondre aux besoins des deux prochaines décennies. Une majorité de conseillères et de conseillers généraux (plus de sept sur dix) a d’ailleurs approuvé le crédit nécessaire à sa réalisation.
Le projet est principalement porté par le Conseil communal d’Estavayer.
Le Conseil général y a également contribué par l’intermédiaire de ses commissions compétentes – Commission des bâtiments, Commission du Réseau sportif et Commission des finances – qui ont procédé à une analyse approfondie du dossier.
Le FC Estavayer-le-Lac a aussi apporté son expertise à l’élaboration du projet.
La construction de terrains de football nécessite de grandes surfaces, indisponibles en zone urbanisée. Le projet, initialement prévu comme centre multi-sports régional, a été réorienté en raison des contraintes de la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT).
En effet, le site étant en surface d’assolement (SDA), tout dézonage devait être justifié par des besoins régionaux clairement démontrés et l’impossibilité d’implanter le projet dans le tissu urbain existant. Seuls les terrains de football remplissent ces critères.
Les terrains en gazon naturel resteront dans les villages pour maintenir une offre de proximité, tandis que les autres infrastructures sportives seront réparties dans le territoire communal. Le parc du “Château d’Eau” deviendra ainsi un élément important du Réseau sportif régional.
Le parc du “Château d’Eau” sera une pièce majeure du Réseau sportif régional, qui contribue à la qualité de vie de l’ensemble de la population d’Estavayer. En outre, les infrastructures sont destinées à la population, pas seulement aux clubs. Le football est également un vecteur d’intégration et de cohésion sociale. Le parc du “Château d’Eau” renforcera également l’attractivité d’Estavayer.
Il n’existe aucune alternative présentant les mêmes avantages en termes d’espace et de terrains disponibles que le projet du parc du “Château d’Eau”.
Si le crédit d’investissement pour ce projet était refusé, le crédit de 7 millions de francs voté en 2017 pour la rénovation des terrains de la Thiolleyres pourrait être utilisé. Toutefois, cette solution à court terme ne suffira pas à répondre aux besoins croissants des joueuses et joueurs dans les décennies à venir.
Pour financer le projet, le Conseil communal d’Estavayer a soumis au Conseil général, le 15 septembre 2025, une demande de crédit d’investissement de 16,62 millions de francs. Le 8 octobre 2025, le Conseil général a accepté le crédit par 46 voix pour, 11 voix contre et une abstention.
Un comité référendaire s’est constitué pour contester cette décision et a récolté 1669 signatures valables (sur les 784 nécessaires). La demande de référendum a été validée par les autorités communales en décembre 2025.
Par conséquent, l’octroi du crédit d’investissement est soumis au vote populaire. Le 26 avril 2026, la population de la Commune d’Estavayer est invitée à répondre à la question suivante:
“Acceptez-vous l’octroi d’un crédit d’investissement de 16,62 millions de francs pour la réalisation d’infrastructures de football à vocation régionale au parc du « Château d’Eau » à Estavayer-le-Lac ?”
Le financement
L’estimation des coûts du projet comprend l’ensemble des aménagements et des constructions situées à l’intérieur du parc du “Château d’Eau”.
Les aménagements autour de site (mobilité, parking), l’achat des parcelles et les frais de notaire n’y sont pas inclus.
| Éléments du projet | Montants (+/- 20%) |
| Aires de parc, de verdure, de biotope et cheminements | CHF 2'345’000 |
| Aire de sport (notamment 3 terrains de football synthétiques) | CHF 6'030’000 |
| Aire de l’esplanade (buvette, salle polyvalente, vestiaires, locaux techniques) | CHF 5’900’000 |
| Honoraires des mandataires | CHF 1'046’000 |
| Frais secondaires (taxes de raccordement, assurances…) | CHF 55’000 |
| Sous-total HT | CHF 15’376’000 |
| TVA 8,1 % (taux en vigueur) | CHF 1'245’456 |
| Total TTC arrondi à | CHF 16’620’000 TTC |
L’achat d’une surface de 145’044 m2 au prix de CHF 41,36/m2 a été validé en 2017 par le Conseil général pour un montant de 6,11 millions de francs. Aujourd’hui, la surface est ramenée à 57'663 m2 pour un montant de 2,39 millions de francs. La transaction doit encore être finalisée. Un droit d’emption court jusqu’en 2027, garantissant la maîtrise foncière du site.
Les mesures de mobilité hors du site sont évaluées à 1,24 millions de francs.
Le financement du projet sera assuré par les liquidités communales ou, si nécessaire, par un emprunt à un taux favorable. L’investissement sera amorti sur 25 ans, à un taux de 4 %, pour une charge annuelle de CHF 664’800, soit 1,12 % des dépenses de fonctionnement de la Commune. Les intérêts d’un éventuel emprunt sont calculés à 2 %.
L’exploitation du site sera confiée à une société locale, organisée selon un modèle coopératif et participatif. Cette société assumera l’entière gestion opérationnelle du complexe sportif, y compris l’ensemble des charges et des recettes liées à son exploitation.
Le renouvellement des équipements d’exploitation (machines, matériel, outils, etc.) sera également à sa charge.
En revanche, le renouvellement des infrastructures structurelles (terrains, bâtiments) relèvera de la Commune. Celle-ci assurera également l’entretien des cheminements extérieurs, de l’aire de parc et de l’aire de biotope, ce qui représente environ 5 % d’un équivalent plein temps (EPT).
En cas de déficit de la société d’exploitation, la participation communale serait limitée à 60 %, avec un plafond à 30’000 francs.
Un conseil d’administration sera constitué afin de superviser la société d’exploitation du site. Il comprendra:
- Deux sièges pour le mouvement des juniors régional, dont la présidence;
- Un siège par club communal intéressé;
- Un siège avec voix consultative pour la Commune, afin de garantir la coordination et la cohérence avec les politiques publiques.
Environ 850’000 francs de subventions sont attendues, réparties de la façon suivante :
- LoRo (action spéciale “terrains synthétiques”): 15% du coût d’un terrain pour l’ensemble du site, jusqu’à un maximum de 300'000 francs, sous réserve de démarrage des travaux d’ici à fin 2027.
- LoRo (contribution “construction”): 100'000 francs.
- Pronovo: environ 50'000 francs pour subventionner des installations solaires.
- Le FC Estavayer-le-Lac: 400'000 francs via le “Fonds Margueron”.
Par ailleurs, les revenus annuels (locations, buvette, sponsoring), estimés à 194'000 francs, doivent couvrir les frais d’exploitation du site.
Les projections financières reposent sur des hypothèses prudentes. Elles montrent que l’exploitation du site peut être équilibrée, tout en permettant, à terme, la constitution de réserves pour son entretien.
Les mesures de mobilité feront l’objet de demandes de crédit séparées adressées au Conseil général, car elles concernent l’ensemble d’Estavayer-le-Lac et pas uniquement le parc du “ Château d’Eau”.
Le parking prévu servira également la zone industrielle de Plein Sud, tandis que les voies d’accès pour la mobilité douce permettront de relier le centre-ville depuis le parc, améliorant les déplacements pour l’ensemble de la population.
Seul le Conseil général de la Commune peut décider d’introduire ou d’augmenter un impôt communal, en fixant son taux et son coefficient. Pour 2026, la Commune d’Estavayer affiche un déficit budgétaire de 2,26 millions de francs dans le budget validé en décembre 2025.
Cependant, aucune hausse d’impôts n’est prévue pour le financement du projet. Toute modification de la fiscalité communale ferait l’objet d’une décision politique distincte du vote sur le crédit d’investissement.
Le coût initial d’un terrain synthétique est effectivement plus élevé : environ 2 millions de francs, éclairage compris, soit près du double d’un terrain en gazon naturel.
Cependant, à moyen terme, le retour sur investissement est intéressant :
- Le coût d’entretien par heure est nettement inférieur (environ 48 francs/m2 pour un terrain synthétique, contre 135 francs/m2 pour un terrain naturel).
- L’utilisation est beaucoup plus intensive, quasiment toute l’année, y compris en hiver, ce qui augmente les possibilités de location et donc les recettes.
- Les terrains synthétiques restent praticables même en cas de mauvaises conditions météorologiques, évitant les annulations et les reports.
Il faut toutefois prévoir le remplacement du tapis synthétique environ tous les dix ans, pour un montant d’environ 500’000 francs par terrain. Malgré cette dépense, le bilan économique global est favorable.
Le projet a été initié et porté par la Commune d’Estavayer, qui en assume le financement. Toutefois, ses retombées positives – tant sur le plan économique que sur celui des aménagements urbains et de la qualité de vie – seront bénéfiques à l’ensemble de la population d’Estavayer.
Les besoins
Le projet du parc du “Château d’Eau” a été conçu pour répondre aux besoins actuels et futurs.
Aujourd’hui, 40 % des enfants de la Commune jouent au football durant au moins une saison. Les trois clubs principaux – FC Estavayer-le-Lac, FC Montbrelloz et FC Petite-Glâne – comptent 520 membres, dont 380 juniors. Mais leurs effectifs sont en constante augmentation. D’ici 2030, ils devraient atteindre 625 membres, dont 485 juniors.
Cet essor du football exerce une pression constante sur les infrastructures existantes, qui peinent à absorber le volume d’entraînements et de compétitions. Le besoin de terrains synthétiques est identifié depuis plusieurs années, tant au niveau local que régional.
Le terrain principal de la Thiolleyres à Estavayer-le-Lac ne répond plus aux normes en vigueur. Soumis à une homologation partielle de l’Association suisse de football (ASF) depuis 2013, il présente un risque de retrait d’autorisation.
Le second terrain, non homologable, ne peut accueillir que les matchs et tournois des juniors, jusqu’à l’âge de 12 ans. En outre, la surfréquentation dégrade le gazon des terrains, qui sont régulièrement impraticables voire inondés.
Les vestiaires et la buvette sont vétustes, le trafic généré par le transport individuel motorisé impacte la mobilité douce au centre-ville, tandis que les nuisances affectent les riverains.
À Montbrelloz et à Bussy, les terrains en gazon naturel sont régulièrement abîmés, provoquant fermetures répétées et reports de matchs. Ils sont par ailleurs difficilement exploitables durant l’hiver.
La rénovation des terrains actuels ne résoudrait pas le manque d’espace, le nombre insuffisant de terrains ni les problèmes de mobilité dans le centre-ville d’Estavayer-le-Lac.
En outre, le terrain principal de la Thiolleyres, à Estavayer-le-Lac, risque d’être soumis à un retrait d’homologation de l’AFS en raison de sa taille, et l’autre terrain est trop petit pour accueillir des matchs et des tournois. Les élèves de l’école de foot s’entraînent déjà sur le gazon de l’ancien parking, faute de place.
Les trois terrains synthétiques permettront une pratique intensive du football toute l’année, avec une utilisation simultanée des trois terrains, idéalement orientés.
Les vestiaires sont dimensionnés pour accueillir les équipes simultanément, tandis que la salle polyvalente pourra recevoir camps sportifs ou autres événements. La buvette offrira un espace de rencontre.
Enfin, la mobilité a été pensée pour limiter le trafic vers le centre-ville d’Estavayer-le-Lac.
Le parc du “Château d’Eau” répond à des besoins identifiés de longue date par les clubs communaux eux-mêmes. Le FC Estavayer-le-Lac soutient d’ailleurs le projet financièrement avec une donation de 400'000 francs.
Non. Le projet vise à renforcer les synergies entre les clubs tout en respectant leur identité propre, sans imposer de fusion. Les terrains en gazon naturel de Montbrelloz et de Bussy seront aussi maintenus et entretenus, en complément du parc du “Château d’Eau”, afin de garantir une offre de proximité.
Le projet permet ainsi d’offrir une offre plus vaste et de qualité, tout en préservant l’autonomie de chaque club.
Aménagement du territoire et mobilité
Le projet du parc du “Château d’Eau” s’inscrit dans un cadre légal strict, défini par les instruments de planification cantonaux, régionaux et communaux. Ceux-ci garantissent que le projet respecte les règles d’aménagement du territoire et s’intègre harmonieusement dans le développement urbain d’Estavayer-le-Lac.
La Commune a engagé en 2024 une procédure de modification partielle du Plan d’aménagement local (MPAL), pour reclasser le site de la Maladeire en zone d’intérêt général. La fiche de projet, inscrite au Plan directeur cantonal, est en coordination réglée et a été pré-validée par le Canton et la Confédération.
Parallèlement, un Plan d’aménagement de détail (PAD) du parc du “Château d’Eau” a été déposé auprès du Canton.
En avril 2025, le Conseil communal a décidé de faire de l’adoption du Plan d’aménagement local (PAL) d’Estavayer-le-Lac une priorité stratégique. Les procédures liées au PAD et à la MPAL ont ainsi été suspendues. Le PAL ayant été approuvé par la Direction du développement territorial, des infrastructures, de la mobilité et de l’environnement (DIME) le 18 mars 2026, les procédures seront désormais relancées.
L’octroi du permis de construire permettra alors le démarrage du projet.
Le projet présenté au Conseil général en octobre 2025 bénéficiait d’un préavis favorable du Canton, garantissant sa faisabilité. L’arrêt temporaire des procédures avait été décidé en avril 2025 pour des raisons principalement juridiques. Le Plan d’aménagement local (PAL) d’Estavayer, secteur Estavayer-le-Lac ayant été approuvé par la Direction du développement territorial, des infrastructures, de la mobilité et de l’environnement (DIME) le 18 mars 2026, les procédures vont pouvoir redémarrer.
En outre, la signature d’un droit d’emption (valable jusqu’en 2027) offre une maîtrise foncière du terrain.
Pour le Conseil communal, ce projet est mûr et prêt à être concrétisé. Il représente en outre une opportunité unique en raison de la rareté des terrains disponibles. C’est pour ces raisons que le Conseil communal a soumis l’octroi du crédit d’investissement au Conseil général en octobre 2025.
Un droit d’emption de dix ans, valable jusqu’en 2027, a été signé avec les propriétaires, assurant la maîtrise foncière du site. L’achat définitif est en discussion.
LA PAL d'Estavayer-le-Lac ayant été approuvé par le Canton le 18 mars 2026, le projet du parc du “Château d’Eau” va démarrer. Les procédures liées au PAD et au permis de construire pourront être lancées.
Les travaux pourraient commencer en avril 2027 pour une mise en service envisagée à l’automne 2028. Ce calendrier prévisionnel dépend de l’avancée des procédures au niveau du Canton et de l’octroi du permis de construire.
Le projet initial de centre sportif multi-sports a été réorienté en raison de la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT) : le site étant en surface d’assolement (SDA), tout dézonage devait être justifié par des besoins régionaux avérés et l’impossibilité d’implanter le projet dans le tissu urbain existant. Seuls les terrains de football remplissent ces critères.
Le Canton considère que l’anneau d’athlétisme situé à Payerne répond déjà aux besoins régionaux. Cette option est rendue caduque pour cette raison.
Le site de la Thiolleyres sera valorisé par un classement en zone d’intérêt général, ce qui offrira l’opportunité de développer un projet au service de la collectivité.
Le projet s’inscrit dans une réflexion globale sur la mobilité. Le Plan d’infrastructure de mobilité (PIM), élaboré dans le cadre du PAL, définit les aménagements situés hors du périmètre du PAD.
Le PIM prévoit notamment :
- une liaison piétonne et cyclable entre le centre-ville et le parc ;
- des connexions renforcées au réseau cyclable ;
- un nouvel arrêt de transports publics à proximité du site, coordonné avec la ligne régionale ;
- un parking périphérique mutualisé dans la zone d’activité de Plein Sud.
Le parc du “Château d’Eau” sera également intégré à la “ceinture verte” d’Estavayer-le-Lac, qui relie les parcs de la ville par des itinéraires piétons et vélos.
L’objectif du PIM est de favoriser la mobilité douce et de limiter le trafic motorisé, en particulier en direction du lac et du centre-ville.
Oui, un accès piéton sécurisé est planifié pour relier le parking de Plein Sud au parc, garantissant un cheminement sûr pour les usagères et les usagers.
Au contraire, elles permettront d’alléger le trafic en direction du centre-ville et du lac. Les aménagements prévus ne vont pas non plus provoquer de problèmes majeurs de bouchons à l’entrée d’Estavayer-le-Lac.
Environnement
Les terrains synthétiques permettent une utilisation intensive tout au long de l’année. Ils résistent mieux aux conditions climatiques, supportent une forte fréquentation et nécessitent généralement moins d’entretien courant qu’un terrain en gazon naturel (arrosage, tonte, traitements, etc.).
Des préoccupations ont été soulevées concernant l’impact environnemental de certains matériaux utilisés pour le remplissage du tapis synthétique, particulièrement les granulés issus de pneus recyclés. L’Union européenne a d’ailleurs décidé d’interdire l’utilisation intentionnelle de microplastiques d’ici l’automne 2031. En Suisse, cette évolution réglementaire est suivie avec attention.
Par ailleurs, des alternatives aux granulés de pneus ont déjà été développées ces dernières années. En Suisse romande, les terrains de football en gazon synthétique de Suisse romande ne comportent quasiment pas de granulés de remplissage à base de pneus. En effet, depuis de nombreuses années, les remplissages organiques – principalement à base de granulés de liège, de fibres de coco et de cœur de maïs – ont été favorisées pour des questions environnementale et de confort de jeu (moins d'échauffement des matériaux).
Sur le plan sanitaire, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a conclu en 2017, sur la base des connaissances disponibles, qu’aucun risque sanitaire particulier n’était démontré pour les utilisatrices et les utilisateurs de terrains synthétiques.
Le site étant en surface d’assolement (SDA), le projet prévoit la création d’une aire de biotope pour gérer les eaux de surface, favoriser l’infiltration naturelle et redistribuer une partie des eaux excédentaires dans le réseau communal. Le projet prévoit également une utilisation parcimonieuse des surfaces.
Les voies d’accès de mobilité douce à travers le parc et aux alentours, ainsi que la présence de l’aire de parc, comme zone tampon avec le quartier résidentiel limitrophe de la Croix-de-Pierre, permettront de limiter les nuisances.
Oui. L’aire de biotope vise à compenser en partie l’empreinte écologique du site. En outre, l’aire de parc et les haies paysagères compléteront l’intégration du site dans le paysage, contribuant à la qualité de vie.